Les oléoducs de la discorde, le nouveau billet d’Anne Quach

anneminhthuquach-deputee-salaberrysuroit-photo-courtoisie-oct-2016(Anne Minh-Thu Quach) – La question des oléoducs et de la sécurité liée au transport des hydrocarbures défraie présentement la manchette. Voici pourquoi : l’entreprise texane Kinder Morgan veut faire des travaux sur son oléoduc Trans Mountain qui passe de l’Alberta à la côte Pacifique, en Colombie-Britannique, pour tripler sa capacité de transport de pétrole. L’entreprise l’exporte ensuite.

Ce projet a lancé un véritable bras de fer entre les deux provinces au point où le gouvernement fédéral a dû intervenir. Devant le peu de retombées financières et la majoration des risques à la sécurité de ses citoyens, le gouvernement de la Colombie-Britannique et plusieurs peuples autochtones se sont opposés au projet. L’Alberta désire que le projet aille de l’avant pour l’impact économique favorable qu’auraient les travaux estimés à plus de 7 milliards de dollars.

Le gouvernement Trudeau met maintenant de la pression sur la Colombie-Britannique afin que ses élus se rangent aux arguments de l’Alberta. Le premier ministre Justin Trudeau est même allé jusqu’à dire que le projet devait aller de l’avant, qu’il en va de « l’intérêt national ». Il a même parlé d’imposer une législation qui comprendrait un investissement du fédéral, mais nous en attendons toujours les détails! De quel type d’investissement est-il question? Quels sont les risques de cet investissement? Qui les assumera? À qui est-ce que ça profitera?

Mais, dans le fond, que demande la Colombie-Britannique? Que sa législation sur son territoire soit respectée; que la sécurité de sa population passe devant les intérêts des pétrolières; qu’elle ne prenne pas tous les risques environnementaux en échange de rien.

Quant aux peuples autochtones, ils demandent d’être consultés et de prendre part aux décisions qui auront des répercussions sur leurs peuples et sur leurs territoires.

Cette situation ne vous rappelle pas quelque chose? Le Québec et la région de Soulanges plus précisément vit la même chose que la Colombie-Britannique avec l’oléoduc 9b d’Enbridge. À l’instar de la province de l’Ouest, la région de Vaudreuil-Soulanges n’a aucun appui du gouvernement fédéral, bien au contraire. Rappelons les faits : l’entreprise de transport albertaine fait passer au Québec son pétrole brut par des oléoducs dans le but de l’exporter. La ligne 9b peut faire transiter un maximum de 300 000 barils de pétrole par jour et elle traverse de nombreux cours d’eau dont la rivière des Outaouais. Une fuite dans cet affluent mettrait en péril l’approvisionnement en eau potable de près de 3 millions de personnes dans la région métropolitaine. Rien que ça!

Tout comme le gouvernement de la Colombie-Britannique, la MRC de Vaudreuil-Soulanges demande que la sécurité de ses citoyens soit respectée, et ses élus refusent que la région prenne tous les risques du transport du pétrole sans garantie de retombées économiques.

Devant les colosses que sont les entreprises pétrolières et « l’intérêt national » de Justin Trudeau, les demandes de la MRC sont modestes et réalistes. Les élus régionaux demandent la transmission des plans de mesures d’urgence de l’entreprise aux services d’incendie locaux, la formation des pompiers locaux qui seraient appelés en cas de déversement et un fonds de prévoyance pour essuyer les dépenses liées à une éventuelle catastrophe. Tout ce qu’a offert Enbridge est une fin de non-recevoir.

La MRC de Vaudreuil-Soulanges s’est aussi tournée vers le gouvernement fédéral afin que celui-ci s’assure que les études d’impacts environnementaux et que le processus d’autorisation des projets pétroliers soient revus. Malgré les promesses électorales de 2015, rien n’a changé. À voir comment Justin Trudeau insiste pour que la Colombie-Britannique accepte le projet Trans Mountain, que peut attendre une simple MRC au Québec?

Pendant ce temps, la santé et la sécurité des citoyens mais aussi de l’environnement passent toujours derrière les profits des compagnies pétrolières et « l’intérêt national ».

Vous en avez assez autant que moi? Vous avez hâte que le gouvernement comprenne ce que le Jour de la Terre devrait représenter? Aidez-moi à convaincre le gouvernement à se tourner vers les énergies vertes afin de diminuer notre dépendance au pétrole et ainsi notre soumission aux entreprises pétrolières. Signez la pétition via mon lien Pour une Transition énergétique.

Anne Minh-Thu Quach
Députée fédérale de Salaberry-Suroît à la Chambre des communes, porte-parole du NPD en matière de jeunesse

T : 450 371-0644
C : [email protected]

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Vous pouvez lire ou relire les billets précédents d’Anne Quach :


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