Anne Quach : Pour un budget à vision sociale

AnneQuach a la ChambresdesCommunes 21fev2017 Photo ChristianDiotte CDC(Anne Minh-Thu Quach) – À quelques jours du dépôt du budget prévu le 27 février prochain, je me permets de mettre de l’avant les propositions sociales du NPD. Il est temps que le gouvernement arrime ses promesses à des plans concrets et chiffrés, plus particulièrement en matière de logements sociaux, d’équité salariale et d’assurance emploi.

Un toit, un droit !

Je suis très préoccupée par les crises successives du logement au Canada. Il est pour moi inconcevable que des personnes se retrouvent mal logées voire sans toit car il n’y a pas de politique canadienne de logement.

Le NPD demande depuis longtemps une stratégie nationale sur le logement, en partenariat avec les provinces, qui bénéficierait aux personnes plus vulnérables comme les jeunes, les femmes et les aînés. Pas moins d’un Canadien sur quatre vit dans un logement trop cher et des centaines de milliers de Canadiens se retrouvent sans toit. D’ailleurs, notre région est particulièrement touchée par la problématique du manque de logements abordables et son corollaire : l’itinérance. La Maison d’hébergement dépannage de Valleyfield (MHDV) a aidé en 2016-2017 à elle seule 431 individus sans compter les 97 personnes qui ont été hébergées d’urgence (ce qui signifie qu’au moment de leur demande toutes les places régulières étaient déjà occupées). 57 % des personnes qui utilisent les services venaient de Valleyfiled, Beauharnois, Haut-Saint-Laurent et de Châteauguay, et 43 % venaient de Vaudreuil Soulanges/Montréal. Depuis 2012, le nombre de personnes accueillies à la MHDV est en constante croissance. Mais, en contrepartie, les fonds alloués stagnent.

Les libéraux ont annoncé des fonds il y a quelques mois cependant rien n’indique que l’argent sera assigné aux projets qui sont les plus urgents. 90% des sommes promises par les libéraux ne seront pas dépensées avant 2019. Ce n’est pas comme ça qu’on gère une crise de cette ampleur.

Depuis des années, le NPD affirme haut et fort que le Canada doit se doter d’une politique nationale afin de mettre fin à la crise. Nous avons la ferme conviction que tous les Canadiens doivent avoir un logement sûr, adéquat, accessible et abordable. C’est une question de dignité, une question de droit! Cela permettrait non seulement de loger des milliers de familles, des jeunes, des femmes, des aînés et des personnes plus vulnérables mais créerait de nouvelles possibilités d’emplois également.

C’est pourquoi le NPD demande au gouvernement fédéral d’investir les sommes nécessaires pour la construction de nouvelles unités de logement social. Le projet de loi de Marjolaine Boutin-Sweet va en ce sens. Je vous invite à faire comme moi et à signer la pétition Un toit Un droit.

L’équité salariale : «Because it’s 2018»

Sous ses discours à saveur féministe, le gouvernement Trudeau en fait trop peu pour les droits des femmes. En termes d’équité salariale, le Canada accuse un retard important par rapport au reste du monde. Les femmes travaillant à temps plein, à l’année, ne gagnent que 77 % de ce que gagnent leurs homologues masculins. L’absence d’équité salariale est une forme de discrimination à l’égard des femmes. Il n’y a aucune raison valable pour que les femmes gagnent toujours moins d’argent que les hommes ici comme ailleurs. Selon le Forum économique mondial, le Canada se classe 80e sur 145 pays à cet égard. C’est honteux!

Le NPD lutte très concrètement, contre les inégalités économiques que viennent les Canadiennes. En 2016, le NPD a fait adopter une motion visant à reconnaître l’équité salariale comme un droit. La motion avait d’ailleurs été appuyée par les libéraux. Suite à son adoption, un comité spécial a été mandaté pour tenir des consultations dans le but de proposer un plan d’action concret pour atteindre l’équité salariale. Le comité spécial a recommandé qu’une loi soit adoptée en ce sens en 2016. Or, le gouvernement Trudeau a annoncé le report de cette loi à 2018.

À ce jour, rien n’a été concrétisé. J’appelle le gouvernement à s’inspirer de l’Islande où il est maintenant illégal de payer les hommes plus que les femmes. Le gouvernement en a fait une promesse, il doit maintenant la mettre en application. Je l’attends avec impatience, comme toutes les femmes ! Je vous invite à signer la pétition pour que l’équité salariale soit un droit de faits.

Assurance-emploi : une assurance collective

En 1990, 83 % des chômeurs et des chômeuses recevaient des prestations. Aujourd’hui, comment se fait-il que seulement 4 personnes sur 10 y aient accès ? Il s’agit d’une assurance collective dont tous les salariés devraient pouvoir jouir au besoin. Il est grand temps de mettre fin à ces décennies de réformes destructrices et de financer adéquatement le régime d’assurance-emploi, qui est l’un des piliers de notre système social.

À sa création en 1941, le programme d’assurance-chômage était financé par le gouvernement fédéral ainsi que par les cotisations des employeurs/employeuses et des salarié-e-s. Ce financement partagé en faisait un programme généreux qui profitait à toutes les personnes ayant eu la malchance de perdre leur emploi. Ottawa a cessé de contribuer au programme en 1990, et les réformes successives dont la plus drastique initiée par les conservateurs en 2012 n’ont fait que limiter toujours plus l’accès aux prestations aux personnes sans emploi. De plus, depuis les années 1990, les gouvernements libéraux et conservateurs ont pigé plus de 50 milliards de dollars dans la caisse de l’assurance-emploi pour financer d’autres programmes.

Les libéraux avaient promis de réparer les dommages causés par la réforme des conservateurs mais ils n’ont encore rien fait et les travailleurs, surtout dans les domaines saisonniers, paient.

Seul le NPD propose de réviser le programme d’assurance-emploi afin que les prestations soient plus accessibles et plus généreuses. Voici quelques mesures qui pourraient être prises rapidement et facilement, pour entre autres améliorer le Tribunal de la sécurité sociale, ce qui aiderait les travailleurs, mais le gouvernement n’agit pas. Nous demandons :

  • D’établir un seuil d’admissibilité unique de 360 heures de travail dans l’année précédente avec des prestations basées sur les 12 meilleures semaines, annulant les critères d’admissibilité variables selon la région et le taux de chômage qui y sévit ;
  • De soutenir financièrement les provinces pour bonifier la formation, ce qui permettra de créer des dizaines de milliers d’opportunités de formation et de transition au travail ;
  • D’aider les parents en leur offrant des congés parentaux plus longs et aider les personnes dont les proches souffrent de maladies graves en améliorant les prestations de compassion.

Perdre son emploi a des impacts majeurs sur le quotidien des Canadiens et des Canadiennes. Signez la pétition pour faire avancer les choses avec moi.

Anne Minh-Thu Quach
Députée fédérale de Salaberry-Suroît, porte-parole du NPD en matière de jeunesse, d’études post-secondaires et d’égalité des femmes

T : 450 371-0644
C : [email protected]

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Vous pouvez lire ou relire les billets précédents d’Anne Quach :


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