Économie mondiale – La Mongolie offre la plus forte croissance économique

(Michel Falardeau) – En matière d’économie mondiale, la dernière semaine a été une fois de plus propice à de nombreuses nouvelles notamment sur les pressions du Brésil et de l’Allemagne sur la Banque centrale européenne, sur la Chine et la limitation de ses exportations sur les “éléments rares” et sur la Mongolie et sa forte croissance. Voici donc notre résumé des informations économiques de la dernière semaine :

Le Brésil et l’Allemagne pressent la Banque centrale européenne de mettre un terme à ses « largesses »
L’ensemble des prêts consentis par la Banque centrale européenne (BCE) correspond présentement à près du tiers du produit national brut de la zone euro, comparativement à 21% pour la Banque d’Angleterre et à 19% pour la Réserve fédérale américaine. De plus en plus confiants d’avoir circonscrit la phase aigüe de la crise des dettes souveraines de la zone euro, les dirigeants allemands pressent donc la BCE de commencer à retirer les liquidités phénoménales qu’elle a injectées dans les marchés européens au cours des derniers mois pour prévenir la contagion financière. Le Brésil a d’ailleurs formulé une mise en garde contre le tsunami d’argent facile qui inonde présentement les marchés mondiaux.

La Mongolie, le pays avec la plus forte croissance économique au monde !
Les experts internationaux prévoient une croissance d’environ 1,5% pour les pays développés et de 5% pour les pays émergents. La Chine se détache de ces deux pelotons avec une croissance prévue de 7,5%, ainsi que d’autres pays comme le Vietnam, la Colombie, l’Indonésie, la Turquie…  Mais la Mongolie domine le classement avec une croissance projetée de son économie de près de 15%.

Le développement rapide de ce pays s’explique notamment par le fait que son sous-sol est particulièrement abondant en ressources minérales (cuivre, molybdène, tungstène, étain, or, charbon, etc.) dont est tellement friand son puissant voisin, la Chine. Cette proximité du plus grand marché consommateur de ressources naturelles au monde constitue un avantage concurrentiel indéniable dont devraient profiter les citoyens de la Mongolie pour plusieurs décennies à venir.

La Chine fait le grand ménage dans son industrie des éléments rares
Bien que généralement inconnus du grand public, les éléments rares (scandium, yttrium et quinze lanthanides) sont considérés comme des métaux stratégiques du fait qu’ils entrent dans la fabrication de nombreux produits de haute technologie : notebooks, téléphones mobiles intelligents, tablettes, éoliennes, voitures hybrides, lunettes de vision nocturne, missiles militaires, …

Jusqu’aux années ’50, les États-Unis étaient les plus grands producteurs de ces éléments rares au monde. Mais par après, la Chine s’est peu à peu imposée comme pratiquement le seul fournisseur mondial en raison de ses faibles coûts d’opération, monopolisant aujourd’hui près de 95% de la production de la planète. Mais, jusqu’à récemment, 40% de la production chinoise y était opérée illégalement par la pègre locale, sans respect pour la santé des travailleurs ni pour l’environnement, et vendue sur le marché noir.

Les processus vétustes d’extraction des éléments rares y ont causé la destruction de sous-régions entières, polluées par les déchets radioactifs, les acides et les eaux usées. Aussi le gouvernement chinois a-t-il décidé de reprendre le contrôle de la situation, fermant des dizaines de producteurs et consolidant les opérations des compagnies minières de ce secteur autour de quatre entreprises dirigées à partir de Beijing; elles seront forcées de répondre à des exigences environnementales plus sévères et soumises à des dispositifs de surveillance plus poussés.

La Chine resserre ses quotas d’exportation d’éléments rares hors de son territoire
Ce grand nettoyage entraine une réduction de la production et ce, alors même que la demande mondiale explose. En outre, la Chine a retenu comme prioritaires les secteurs industriels à haute valeur ajoutée que constituent ceux des mini-ordinateurs portables et des énergies renouvelables comme les éoliennes et les voitures électriques; elle entend y devenir chef de file mondial d’ici quelques années.

Aussi ne faut-il pas s’étonner que, face à la réduction de l’offre, à l’explosion de la demande mondiale et aux choix stratégiques de son gouvernement, la Chine ait abaissé ses quotas d’exportation d’éléments rares dans le but de conserver ces produits pour ses propres besoins industriels de façon à pouvoir ainsi répondre aux besoins de sa population dans un premier temps et, éventuellement plus tard, à ceux des autres pays.

Mais les pays développés déposent, auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une plainte contre la Chine pour pratiques commerciales illégales dans le domaine des éléments rares.

Aux yeux des États-Unis, de l’Union européenne et du Japon, l’objectif de la Chine est clair : inciter les entreprises étrangères à relocaliser une partie de leurs activités en sol chinois pour avoir accès aux éléments rares et forcer ainsi la migration d’une grande partie de leur savoir-faire en haute technologie. Et c’est pourquoi ces mêmes pays ont déposé, la semaine dernière, une plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la Chine pour pratiques commerciales illégales dans le secteur des éléments rares.

Pendant ce temps, on s’active fébrilement à remettre au plus tôt en opération d’anciennes mines aux États-Unis, en Europe, en Australie et en Russie. Mais il faudra du temps, quelques années même, pour arriver à redévelopper le savoir-faire requis pour en extraire, séparer et purifier les éléments rares et, cette fois-ci, dans le cadre d’une réglementation beaucoup plus stricte en ce qui concerne la santé des travailleurs et la protection de l’environnement.

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Si vous souhaitez lire ou relire les précédents billets et dossiers de Michel Falardeau sur L’Économie mondiale, voici les liens à suivre :


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