Un voyage dans l’univers de la Montreal Cotton au MUSO

Montreal-Cotton-exposition-industrie-textile-MUSO-photo-MUSO-publiee-par-INFOSuroit_com(Marie-Ève Rochefort) – Promesse faite, promesse tenue : le Musée de Société des Deux-Rives (MUSO) annonçait en mars dernier l’arrivée prochaine de sa première exposition permanente Moco : l’étoffe d’une ville, laquelle est entièrement dédiée à la Montreal Cotton. Cette dernière est présentement ouverte au public, même si son inauguration officiellement n’est prévue que le 21 septembre prochain. En plus de fournir une multitude d’informations toutes plus intéressantes les plus que les autres, cette exposition interactive vous promet un voyage en plein cœur de cette époque ou l’industrie du textile était reine à Salaberry-de-Valleyfield.

Une immersion dans la Moco

Exposition-Moco-l_etoffe-d_une-ville-Montreal-Cotton-MUSO-photos-INFOSuroit_comGrâce à sa toute première exposition permanente, le MUSO permet de voir l’industrie du textile sous un autre œil et en fait même un sujet tout à fait passionnant. C’est que Moco : l’étoffe d’une ville dresse la liste des étapes menant à la création du tissu à partir des boules de coton en y ajoutant divers témoignages de personnes ayant travaillé à l’usine de Salaberry-de-Valleyfield, le tout entremêlé de quelques artefacts ici et là.

« On essaie d’abord de comprendre pourquoi une usine s’installe à Valleyfield et l’impact qu’elle a eu sur la ville. On explique ensuite quelles étaient les conditions de travail de l’époque et on présente le côté plus technique de la fabrication du tissu. Il y a aussi une grande partie de l’exposition qui est réservée aux mouvements ouvriers. Enfin, on met l’emphase sur le déclin de la compagnie et on demande aux gens ce qu’il en reste aujourd’hui. On peut s’amuser très longtemps dans cette exposition » a commenté la directrice générale du MUSO, Annabelle Laliberté.

Mentionnons également que, durant les fins de semaine, des personnes ayant travaillé à la Montreal Cotton seront au musée afin de partager leurs histoires avec les visiteurs, ce qui bonifiera l’expérience.

118 ans d’existence en une exposition

Exposition-Moco-l_etoffe-d_une-ville-Montreal-Cotton-au-MUSO-photos-INFOSuroit_comImplantée dans la région en 1873 et ayant complètement disparu du paysage en 1992, la Montreal Cotton a grandement façonné l’histoire de la Ville de Salaberry-de-Valleyfield. Dès les années 1890 jusqu’à la fin des années 1950, cette dernière sera d’ailleurs la plus grande usine de textile au Canada ! Elle aura employé des gens de la région, mais aura aussi attiré la main-d’œuvre d’Europe, principalement de la Grande-Bretagne. Ces travailleurs venus d’ailleurs furent installés dans le quartier des Anglais (aujourd’hui situé en plein coeur du secteur historique de la ville).

Travailler à la Montreal Cotton n’était pas chose simple. Les conditions y étaient tellement difficiles qu’à la fin des années 1890, les travailleurs de la MOCO détenaient le taux de mortalité le plus élevé dans l’industrie de la fabrication du textile ! La section du cardage était celle où il se produisait le plus d’accidents.

« C’était l’enfer ! C’est juste dans les années 70 qu’ils ont commencé à mettre des bouchons dans les oreilles ! Dans les premières années de la Montreal Cotton, l’usine était en première position pour ce qui est des accidents de travail et des amputations. Ce n’est pas pour rien que les gens s’indignaient pour faire améliorer leurs conditions. L’usine a ouvert en 1874 et dès 1876, les gens ont commencé à s’indigner », poursuit madame Laliberté.

L’un des points forts de l’exposition est sans aucun doute la zone immersive qui permet aux visiteurs de retrouver des conditions très semblables à celles que connaissaient les travailleurs de la MOCO.

« Les gens peuvent sentir comment c’était de travailler dans l’usine. Le son y était omniprésent et très fort, les vibrations ne donnaient pas leur place, sans parler de la chaleur et de la pluie fine qui tombait en permanence en raison de la poussière », a fait savoir Annabelle Laliberté.

Des revendications qui ont passé à l’histoire

Exposition-Montreal-Cotton-Moco-l_etoffe-d_une-ville-au-MUSO-photos-INFOSuroit_comPour reprendre les mots de madame Laliberté, on ne parle pas d’une histoire d’amour entre bien des travailleurs de la Montreal Cotton et l’usine. Il est toutefois question de solidarité et de courage en se remémorant les grandes batailles liées aux revendications de l’époque, lesquelles ont débuté dès 1875. On peut notamment penser à l’année 1906 où, grâce à la ferveur des travailleurs du textile, le gouvernement a interdit le travail aux enfants de moins de 14 ans dans les moulins.

Rappelez-vous également l’année 1946 où les filatures montréalaises ont vu leurs accréditations syndicales être reconnues par le gouvernement, sauf celle de Valleyfield. Une grève déclarée illégale s’en est suivi et des personnages clés comme Madeleine Parent et Robert Kent Rowley ont, grâce à leur ténacité, réussi à faire négocier la première convention collective de l’histoire de la Montreal Cotton.

Une exposition à découvrir

Que vous soyez un ancien travailleur de la Montreal Cotton, que vous connaissiez quelqu’un qui y a déjà œuvré ou que vous soyez simplement curieux et désireux de mieux connaître l’histoire entourant cette fameuse usine, rendez-vous au MUSO pour jeter un œil à sa première exposition permanente, Moco : l’étoffe d’une ville. Vous pouvez aussi prendre connaissance des grandes lignes de cette exposition en consultant le dossier de presse y étant associé.

Le saviez-vous ?

  • MOCO signifie Montreal Cotton Company;
  • À son summum, l’usine employait plus de 3000 personnes;
  • Il y existait quelque 150 sortes de métiers différents, dont l’huileur qui parcourait l’usine (1 095 171 pieds carrés) à vélo;
  • Des enfants aussi jeunes que 8 ans y étaient formés sous la supervision de leurs parents;
  • Presque tous les cadres de la MOCO étaient anglophones : Les noms de rues Dufferin, Whitaker, Gault, Maden, Gurnham et Simpson rappellent cet héritage multiculturel qui a façonné la ville;
  • Au début du 20e siècle, pour une semaine de 60 heures de travail, un homme qualifié gagnait 5 $ à 6 $, une femme environ 3 $ et un enfant entre 1,50 $ à 1,80 $;
  • Dans le hall d’entrée du MUSO se trouve une oeuvre sur laquelle on retrouve un grand nombre de signatures de personnes ayant travaillé à la Moco, réalisée par l’étudiante Jeanne Lauzier.

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