La passion toujours au coeur des activités socioculturelles du Cégep

La COVID-19 n’a pas seulement chamboulé la vie académique des étudiants, enseignants et intervenants au Collège de Valleyfield, mais également l’aspect social et culturel de l’expérience cégépienne. Julie Duranleau, responsable de l’organisation des activités socioculturelles, et Alycia Pilon, étudiante en sciences humaines et membre de la troupe de danse du Collège, ont pu témoigner des défis et des bons coups qui ont découlé de cette session marquée par la distanciation physique, la constante adaptation, mais surtout, la passion.

Une partie de la troupe de danse du Collège de Valleyfield, lors d’une répétition, alors que le cégep se trouvait en zone orange.

« Il faut se réinventer. » C’est ce que la ministre de la Culture Nathalie Roy a demandé aux artisans du milieu culturel en mai dernier. C’était donc la tâche de Julie Duranleau et son équipe, qui devaient revoir les dizaines d’activités, troupes et clubs qui forment la vie socioculturelle du Collège de Valleyfield.

« J’étais vraiment sceptique, a avoué Julie d’entrée de jeu. Nous ne voulions pas organiser des activités simplement pour faire des activités. Le défi était là : essayer de transposer la sensation, l’atmosphère d’un événement ou d’un art vivant sans se réunir. »

L’expérience s’est toutefois révélée être un succès à plusieurs niveaux, malgré de nombreux facteurs qui jouaient contre les intervenants : les activités socioculturelles ont débuté un mois plus tard qu’à l’habitude, soit le 14 septembre, et on devait rattraper le temps perdu. Bien que régies par les mesures que nous connaissons, soit le respect du 2 mètres de distance, le port du masque, le questionnaire COVID, le lavage des mains, etc., les activités pouvaient avoir lieu en présentiel en ce début d’année scolaire, alors que le cégep se trouvait toujours en zone orange. Pour Alycia Pilon, membre de la troupe de danse, cela signifiait qu’elle pouvait danser en présence de ses collègues, à deux mètres de distance et en portant un masque lors des déplacements. La professeure de la troupe, Marie-Michèle Lalonde, avait d’ailleurs créé une chorégraphie qui se centrait sur le masque.

Mais un mois plus tard, presque jour pour jour, le territoire où se situe le cégep tombait en zone rouge. Il n’était maintenant plus permis de se réunir et c’est à ce moment que la réelle réinvention a débuté. Pour la troupe de théâtre, cela signifiait des pratiques un à un avec la metteuse en scène Chantal Dupuis, la troupe d’improvisation a appris à jouer à travers un écran et pour la danse, les méthodes de travail ont changé selon les besoins des étudiants.

« Au départ, nous pratiquions tous ensemble virtuellement, explique Alycia, qui se disait démotivée de suivre ses classes sur l’ordinateur, pour ensuite poursuivre ses cours de danse en ligne également. Certains membres de la troupe n’avaient pas assez d’espace à la maison pour effectuer les mouvements et il était très difficile d’entendre la musique. Ce n’était pas l’idéal. »

Marie-Michèle Lalonde a ainsi choisi, après deux pratiques virtuelles non concluantes, de revoir les méthodes. Depuis, les étudiants pratiquent des solos lors de rencontres de 30 minutes avec leur entraîneuse, ou ceux qui ont la chance d’être colocataires peuvent danser en duo. La chorégraphie de groupe est également pratiquée, alors que chaque étudiant apprend où il se situe, en s’imaginant leurs collègues autour.

Jessica Blackburn, lors d’une répétition de danse en solo

Les activités socioculturelles, un filet social

À la grande surprise de Julie Duranleau, qui est à l’emploi du Collège depuis plus de 25 ans, le taux de participation aux différentes activités s’est généralement maintenu. « La passion a raison de tout, » soulève-t-elle. C’est cette passion qui fait en sorte qu’Alycia poursuit cette année scolaire somme toute difficile, avec les cours à distance, qui soutient qu’elle ne sait pas où en serait sa session sans la danse. C’est également cette passion qui pousse les animateurs socioculturels à trouver des alternatives aux événements qui réunissaient des dizaines d’étudiants de partout dans la province.

Julie prend comme exemple le tournoi du Circuit d’improvisation du Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec (RIASQ) organisé par le Cégep de La Pocatière au début du mois de décembre. Les matchs se tenaient sur Zoom et la direction avait permis aux huit membres du RISK, la troupe d’improvisation, de se réunir dans le grand Café chez Rose, en maintenant la distanciation, pour participer au tournoi. Pas de contact, des improvisations mixtes et comparées à distance, et un public qui pouvait assister au match de 30 minutes du confort de leur salon, en votant directement sur la plateforme. Julie soutient que malgré tout, et bien que ça ne remplacera jamais un vrai tournoi d’impro, cette expérience a été agréable pour les étudiants.

L’équipe d’improvisation du RISK, lors du tournoi du RIASQ organisé par le Cégep de La Pocatière

Au-delà du divertissement, de l’art qui se crée et de l’opportunité pour les étudiants de décrocher, les activités socioculturelles demeurent un moyen pour les participants de se lier à des gens avec qui ils bâtissent de profondes relations. C’est plus vrai que jamais en ce moment, alors que les responsables de ces activités peuvent devenir le filet social des élèves.

« Même si on travaille fort, on ne peut offrir la même expérience qu’à l’habitude, mais le suivi auprès des étudiants demeure le même, précise Julie. Chaque semaine, les élèves rencontrent le responsable d’activité et ça mène bien souvent à des discussions qui servent à briser l’isolement, entre autres. »

Maintenir l’intérêt

Autant au niveau académique que dans le cadre des activités extracurriculaires, le danger est de perdre l’intérêt des étudiants, qui sont plus facilement distraits à la maison. C’est pourquoi la direction du Collège de Valleyfield a permis à la troupe d’improvisation de se rejoindre au Café Chez Rose le temps d’un tournoi, ou à la troupe de danse d’Alycia de briser l’isolement à travers une brève rencontre, durant laquelle toutes les mesures sanitaires assuraient la sécurité de tous, pour pratiquer la chorégraphie de groupe tous ensemble.

« C’était très touchant à voir, explique Julie Duranleau. Les danseurs n’avaient jamais pratiqué ensemble, mais tout se tenait, ça fonctionnait. »

La troupe de danse du Collège de Valleyfield est composée de Trista Goundrey, Josiane Beaulieu-Ménard, Sophie Lavoie, Jessica Blackburn, Ornella Paccelli Lapi, Alycia Pilon, Mya Dutel, Alexandre Mitchell et Sabrina Pépin.

Pour les arts de la scène comme la danse et le théâtre, l’organisation a prévu de tenter une expérience qui pourrait transposer ces arts vivants sur vidéo. En effet, ils feront appel à un réalisateur professionnel pour capter la pièce de théâtre et la chorégraphie de chacune des troupes, quelqu’un avec un sens artistique et esthétique accru, qui pourra faire vivre la prestation des étudiants, malgré toutes les mesures à respecter.

Pour la suite, Julie Duranleau et l’organisation du Collège de Valleyfield s’adapteront selon les mesures qui se présenteront dans la prochaine année. Les plans sont déjà en place pour les activités de la session d’hiver, comme l’Intercollégial de création de jeux vidéo, l’Intercollégial de Philosophie, CégepBD, le 48hBD, le TIERS et les Fêtes internationales du théâtre. Pour suivre les activités et être témoin du fruit des efforts de leurs participants, tous les renseignements se trouvent sur la page Facebook Socioculturel – Cégep de Valleyfield.


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