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« Les unions, qu’ossa donne? »

Place-des-Tisserands sculptures et cheminee de la Montreal_Cotton Photo INFOSuroit.com_Coton-46, une coalition de sept organisations syndicales du Suroît, présente son nouveau billet : « Les unions, qu’ossa donne? » signé de Lucien Gagnon du Syndicat des professionnels en soins du Suroît :

Osstidcho (1968) : Deschamps, avec cette question qui tue, rigole de notre timidité collective, de ce né pour un petit pain qui nous a trop longtemps caractérisés. Cette question, sans ironie cette fois, nous revient, comme une mauvaise grippe, portée par les Wallmart de ce monde ou, pire encore, par l’air du temps, celui de l’oubli…

Le Congrès du Travail du Canada, par ses publicités récentes, y répond à sa manière. Ici, nous tenterons de montrer sa vacuité en l’exposant, nue, à notre mémoire…

L’année 1946, le Québec moderne est en gestation, l’accouchement ne sera pas sans douleur… Être salarié(e) signifie alors travailler de longues journées dans des conditions difficiles, vivre modestement, subir humiliations et mauvais traitements dans la peur du congédiement.

-Duplessis et la répression-

Après la grande crise et la 2e guerre, les salarié(e)s, nos parents et grands-parents, espèrent bien souffler un peu. Mais les entreprises, appuyées sur le régime autoritaire de Duplessis, étouffent toute revendication. Les 15 années qui suivent sont épiques! Grandes grèves et répression sauvage du gouvernement Duplessis et des entreprises. Googlez donc Coton-46, Asbestos (49), Louiseville (52), Murdochville (57) et Radio-Canada (59) pour voir…

Ces luttes contribuent fortement à la prise de conscience identitaire et sociale qui mènera à cette révolution que l’on dira tranquille. La liberté syndicale ayant été au centre même des revendications, les organisations syndicales et la conscience politique des travailleurs en ressortent plus fortes et affûtées. Le nous du petit pain fait place à un nous plus fier qui gardera désormais la tête haute… Ce nous-là n’est pas que nationaliste!

La fameuse Révolution tranquille (pas tant que ça d’ailleurs) et les années 70! Quelle que soit la complexité sociologique et politique de cette période, comment nier que les travailleurs d’alors, s’appuyant sur leurs organisations syndicales, de lutte en lutte, faisant souvent jurisprudence, obligeant le législateur à tenir compte de leurs revendications en droit du travail, en santé, en éducation et sur le droit des familles, ait largement contribué à l’émergence du Québec moderne?

-Madeleine Parent, Michel Chartrand et Marcel Pépin-

Bien des politiciens associés à cette période de notre histoire se sont d’ailleurs fait la main dans les luttes syndicales des années 50: les Lévesque, Marchand, Pelletier et Trudeau entre autres. Des militants tels Madeleine Parent, Michel Chartrand et Marcel Pépin, pour n’en nommer que quelques-uns, ont consacré leur vie à la lutte syndicale et au progrès social. Mais ces gens n’auraient rien accompli sans nos parents et grands-parents, simples travailleurs et travailleuses qui ont lutté côte à côte pour s’assurer d’un avenir meilleur. Respect et devoir de mémoire!

Alors les unions, qu’ossa donne? Les organisations syndicales sont la concrétisation du nous des travailleurs salariés. Elles sont notre voix. La machine patronale est puissante et sophistiquée, mais l’ennemi le plus terrible est en nous, dans notre capacité à oublier qui nous sommes, d’où nous venons… Rappelons-nous ceux qui nous ont portés et redécouvrons nos solidarités naturelles et obligées.

Malheureusement, il arrive que la feuille, toute à sa lumière, en oublie ce qu’elle doit aux racines… Ces salaires et conditions de travail plus décents, ce respect que l’on nous témoigne aujourd’hui, tout cela qui nous semble justice et reconnaissance naturelles, a été obtenu de haute lutte par ceux et celles qui nous ont précédés. Tout cela pourrait demain nous être retiré… Vigilance!

-Solidarité-

Le syndicalisme n’est ni idéologie ni fin en soi, il n’est pas tout entier dans les institutions qui le caractérise. Il est d’abord cette idée toute simple d’une solidarité et d’une organisation nécessaires. C’est un outil, un lieu de réflexion et de promotion du droit des travailleurs, syndiqués ou non, une promesse de progrès social en somme…

Le calendrier du Conseil du Patronat vient d’accueillir St-Paul Desmarais… À chacun ses modèles… Quels sont les nôtres? Quel héritage laisserons-nous? Rappelons-nous d’où nous venons et qui nous sommes… avant qu’il ne soit trop tard.

Les unions, qu’ossa donne? La liberté, la fierté, le droit de négocier et d’échapper à l’arbitraire, notre voix (voie) pour toujours plus de justice simplement… Si vous êtes salarié(e), que vos conditions de travail dépendent toutes entières d’une entente avec un employeur, que ce soit l’État ou une entreprise, pensez-y…

 

Lucien Gagnon pour
Le Syndicat des professionnelles en soins du Suroît

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Vous pouvez lire ou relire les articles en lien avec la coalition intersyndicale Coton-46 publiés sur INFOSuroit.com :


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Une réponse à "« Les unions, qu’ossa donne? »"

  1. Claude Perron dit :

    Au plaisir de vous lire.

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