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Grève à la résidence Les Cotonniers : l’offre patronale refusée

manifestation-Les-Cotonniers-a-Valleyfield-photo-INFOSuroit-com(Marie-Ève Rochefort) – Il semblerait que la saga entourant la grève à la résidence pour personnes aînées Les Cotonniers à Salaberry-de-Valleyfield ne soit pas encore terminée.

Une offre patronale a été présentée le 2 août dernier dans le cadre d’une assemblée générale et cette dernière a été refusée majoritairement par les employés.

«  On a présenté l’offre à nos membres hier et à la suite d’un vote secret, elle a été refusée à 99 % par un taux de participation de 69 personnes sur une possibilité de 90. On peut donc affirmer que ce sont des chiffres qui parlent », affirme Francine Varennes, conseillère syndicale au Syndicat des employés et employées de service (FTQ).

Contacté par INFOSuroit.com, le propriétaire de l’établissement, Jean-Luc Tobelaim, se dit déçu de l’issue de cette situation, jugeant qu’il a fourni un effort supplémentaire.

« On a proposé 1,5 % d’augmentation salariale pour 2015 et 2 % pour 2016, ce qui représente un rattrapage de 3,5 % à la signature de la convention. On bonifie le tout en 2017 de 2 % et on offre ensuite 2 % par année jusqu’en 2020. J’ai aussi proposé une prime de signature de 0,5 % pour combler l’augmentation qu’ils n’ont pas eue en 2015. Enfin, même si je n’avais pas le budget, j’ai fait l’effort de rajouter un échelon supplémentaire aux préposés aux bénéficiaires pour qu’elles puissent avoir 15 $ de l’heure en 2020. Apparemment, ça n’a pas suffi, mais c’est vraiment le maximum que je peux faire », affirme-t-il en entrevue téléphonique.

De son côté, madame Varennes estime que monsieur Tobelaim joue sur les mots. Elle explique que le 2 % d’augmentation salariale ne sera effectif que lorsque l’entente sera signée et qu’il y aura tout de même un manque à gagner puisque les employés sont sans convention collective depuis le 8 mai 2015 et que la nouvelle signature aurait dû être faite en mai 2016.

« La proposition indique bel et bien une augmentation de 1,5 % pour 2015, mais le 2 % pour 2016 ne sera effectif que lorsque l’entente sera signée. Il y aura peut-être une augmentation du taux horaire de 3,5 % une fois l’entente approuvée, mais il y aura tout de même un manque à gagner pour les employés puisque la rétroaction ne sera que de 0,5 % », précise Francine Varennes.

Une question d’équité selon le propriétaire

Par ailleurs, madame Varennes s’inquiète du changement effectué aux échelles salariales. Selon elle, il sera plus difficile pour les employés à temps partiel d’obtenir des augmentations puisque les échelons seront dorénavant calculés en heures travaillées plutôt qu’en années de service.

« Il n’y a que 10 % des postes qui sont à temps plein. Tous les autres postes sont à temps partiel, ce qui leur prendra beaucoup plus de temps avant de changer d’échelon salarial », se désole-t-elle.

Pour sa part, monsieur Tobelaim croit que cette mesure sera plus équitable pour tout le monde.

« Ce sera plus juste vis-à-vis des employés, comme les étudiantes, qui donnent plus d’heures. Les personnes qui ne sont pas à temps plein auront largement l’occasion de cumuler des heures puisque notre liste de rappel est malheureusement un peu courte », se défend monsieur Tobelaim.

Des poursuites à prévoir ?

Francine Varennes a dévoilé que des plaintes seront déposées : l’une au niveau des services essentiels, l’autre pour ingérence syndicale.

« On a fait une plainte pour ingérence syndicale en vertu de l’article 12 du Code du travail qui stipule qu’un employeur ne peut solliciter ses employés à se « désyndiquer. » On s’apprête aussi à faire une plainte au niveau des services essentiels parce qu’il n’y a pas de personnel-cadre dans la bâtisse les soirs et il n’y en avait pas la fin de semaine dernière. On se doit d’être avisés de toutes modifications à l’horaire pour assurer ces services essentiels », affirme-t-elle.

Ce à quoi monsieur Tobelaim a rétorqué qu’il y avait des cadres la fin de semaine, mais pas en soirée. Il a également avoué avoir conseillé ses employés de remettre en cause leur syndicat en raison de mensonges proférés par ses représentants.

« J’ai parlé à mes employés pour mettre l’accent sur les services essentiels. Une employée m’a demandé pourquoi je ne voulais pas négocier et pourquoi je me moquais d’eux. J’ai réagi promptement, c’est vrai, mais j’ai été sidéré de voir que madame Varennes leur mentait autant. Ce n’est pas vrai que je ne veux pas négocier, je ne demande pas mieux que d’arrêter ce bordel-là. J’avoue leur avoir exprimé ma déception et leur avoir dit que si le syndicat leur mentait à ce point, d’y penser à deux fois. Mes employés peuvent au moins exiger l’honnêteté de leur syndicat », mentionne-t-il.

Moins de coups de klaxon

Au courant des derniers jours, de nombreuses personnes ont avoué être excédées d’entendre les klaxons des voitures en appui aux manifestations des employés de la résidence pour aînés Les Cotonniers. Ils pourront maintenant dormir sur leurs deux oreilles puisque plutôt que de brandir des pancartes sur le bord de la rue, les grévistes seront en poste devant la porte d’entrée, le tout dans le but de ne pas se mettre la population à dos et garder son appui.

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